Discours à l’occasion de la vente-signature de  « Là où tout a commencé: Retour d’un descendant d’esclaves sur la terre de ses ancêtres », écrit par Watson GERMAIN

Chers collègues des Missions diplomatiques et consulaires d’Haïti en France,

Mesdames/ Messieurs les élus français d’origine haïtienne,

Distingués invités, Cher Monsieur Watson GERMAIN, 

Chers amis d’Haïti,

Mes chers compatriotes,

Mesdames/Messieurs,

J’ai le plaisir et le privilège de vous accueillir ce soir au sein du Consulat Général d’Haiti à Paris, à l’occasion de cette rencontre littéraire autour de la séance de dédicace de l’ouvrage « Là où tout a commencé: Retour d’un descendant d’esclaves sur la terre de ses ancêtres », écrit par Watson GERMAIN.

Qu’il me soit permis de saluer de façon particulière Monsieur Germain, originaire de Petit-Goâve, qui nous fait l’honneur de partager avec nous le fruit de son travail. Son double parcours de juriste et de criminologue promet d’éclairer nos échanges d’une rigueur académique certaine et d’apporter un regard nouveau sur une histoire qui nous parle, nous appelle et nous questionne.

En effet, cette rencontre, et je tiens à le souligner, ne doit rien au hasard du calendrier. Nous sommes en ce moment à la fin du mois de mai que la France consacre à la mémoire et à l’abolition de l’esclavage. Et pour nous haïtiens, ce mois est aussi celui du bicolore national, ce symbole du triomphe de la plus aboutie des révolutions du XIXe siècle, celle qui a fondé notre patrie : Haïti.

Et en tant que juriste et criminologue, cher Watson Germain, vous savez à quel point les lois façonnent les sociétés, mais aussi à quel point l’histoire finit par rattraper le droit. En effet, l’Assemblée nationale française vient de voter l’abrogation de ce texte infâme que fut le Code Noir. Cet acte législatif, bien que mémoriel, vient rappeler qu’il n’y a pas de prescription pour la dignité humaine. Il vient clore, sur le plan du droit positif, un chapitre de l’arsenal juridique colonial qui a si longtemps tenté d’effacer l’humanité de nos ancêtres.

Mais si la France abroge aujourd’hui les textes, nous, les enfants d’Haïti et de sa diaspora, il nous incombe de reconstruire la mémoire. Ce vote parlementaire brise le cadre légal d’un passé, mais votre ouvrage, « Là où tout a commencé », s’inscrit dans une bataille mémorielle qui entend préparer l’avenir.

Là où le funeste Code Noir cherchait à déshumaniser et à couper les racines, votre travail au Bénin, au Ghana cherche à construire des ponts spirituels, des liens immatériels pour que l’on ne parvient jamais plus à « faire taire le passé » pour reprendre la formule de Michel-Wolf Trouillot. Ce faisant, vous parvenez à rendre visible ce fil qui lie l’Afrique à tout le reste. Quel vibrant hommage ! Quel humanisme !

En tant que Gérant Intérimaire, je suis fier que le Consulat soit le théâtre d’un tel dialogue. Valoriser notre élite intellectuelle de la diaspora, soutenir notre culture et nourrir notre mémoire fait partie intégrante de notre Poste consulaire.

En outre, le Consulat Général d’Haïti se veut être un carrefour culturel, un lieu de rencontre et de rayonnement artistique. Il est un lieu de mémoire, de création et de dialogue. En ce sens, accueillir cette séance de dédicaces est un signal de notre engagement envers les talents haïtiens.

Par ailleurs, je saisis l’occasion pour vous inviter à avoir une pensée spéciale pour nos compatriotes en Haiti et à soutenir les efforts du Gouvernement haïtien dirigé par le Premier Ministre, Son Excellence Alix Didier Fils-Aimé, en ces temps difficiles.

Mesdames, Messieurs,

Enfin, le mois de juin arrive, avec ses réalités et ses émotions, vous l’aurez compris ce sera pour bientôt la coupe du monde de football masculin 2026 organisé aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique. Haiti sera de la fête.  Ce sera l’occasion de mettre en lumière nos talents. Je vous enjoins vivement à encourager nos Grenadiers durant cette belle messe dans l’esprit de notre légende nationale « L’Union fait la Force ».

S’il est vrai que notre Maison commune fait face à d’énormes difficultés pouvant rendre certains pessimistes, il n’en demeure pas moins qu’il existe d’autres qui se battent jour et nuit pour faire bouger les lignes et qui continuent d’y croire.

J’en profite pour vous rappeler que le Consulat dispose d’un guichet de l’Office National d’Identification (ONI) pour vous faciliter la demande de votre carte d’identité, indispensable pour vos démarches administratives en Haïti notamment l’émission de votre passeport.

Vous pouvez vous rapprocher de votre Consulat pour avoir plus d’informations. Continuez à suivre nos activités sur nos réseaux sociaux notamment notre page Facebook, Instagram, LinkedIn.

Je vous remercie, cher Watson Germain, pour cette contribution qui nous guide sur ces chemins où, en effet, tout a commencé. On est ensemble.

Vive la Communauté haïtienne de France

Vive la culture haïtienne

Vive la République

Vive Haïti